Présentation de l'éditeur :

Une jeune artiste débarque à Paris, des rêves plein la tête. A l'école de chansons où elle étudie, elle est subjuguée par l'un de ses professeurs, de plus de vingt ans son aîné. Autour de lui, les femmes défilent, attirées comme des papillons de nuit par la lumière. Comment capter son attention ?

Pleine de bruits et de fureur, cette histoire s'étend sur vingt ans et retrace les soubresauts d'une passion au long cours. Elle brosse le portrait d'un homme complexe et attachant, à la fois pygmalion, ami, amant, compagnon et père, qui se révèle être un don Juan impénitent. Mais elle décrit aussi l'éclosion d'une femme à la force insoupçonnée, qui se construit et se découvre au fur et à mesure qu'elle tente d'échapper au piège d'un amour absolu et dévorant.

"N'oublie pas les oiseaux" est également disponible en version numérique. 

Mon avis :

Avec « N’oublie pas les oiseaux », Murielle Magellan signe un roman autobiographique. L’histoire de sa rencontre avec un homme d’âge mûr, metteur en scène, alors qu’elle n’était encore qu’une jeune artiste de dix-sept ans parcourant la France pour une audition ; un homme qui, ici, sera d’abord appelé « l’homme slave ». Mais, comme elle le signale dès les premières pages, il s’agit de retranscrire « l’histoire d’une passion ». Plus exactement, « l’histoire vraie » de celle-ci.

Bien plus qu’une banale romance, nous suivons ici la trajectoire d’une femme, puis de deux êtres qui, au fil des ans, vont être amenés à se croiser, se rapprocher puis se quitter, pour mieux se retrouver enfin. Deux individus plongés au cœur du tumulte des sentiments ; un couple dont la relation, complexe, se noue et évolue au gré de huit « mouvements ».

De même, la première chose qui frappe dès le début du récit est, vraisemblablement, son caractère intime, personnel. En effet, l’auteure a choisi d’y greffer, régulièrement, des extraits de carnets (sortes de « journaux » dans lesquels sont consignées certaines de ses pensées ou humeurs de l’époque) et même quelques uns des messages que lui écrivait l’homme slave. Plus que le parcours de la narratrice et sa vie de couple, nous découvrons ainsi ses états d’âme, son ressenti vis à vis de sentiments naissants. D’abord un peu gêné, j’ai tout compte fait été séduit par le naturel et la franchise de l’écriture. 

Oui, la grande force de « N’oublie pas les oiseaux » réside, à mon sens, dans son authenticité, dans la sincérité de ces lignes noircies au rythme des élans du cœur. Enthousiasme fébrile, doute, rancune, rien n’est oublié et l’on s’attache, peu à peu, à la narratrice ;  une jeune femme qui, souvent, devra se montrer patiente et compréhensive, face à cet homme qui la fascine.

Il faut dire que, pour nous aussi, cette figure masculine paraît d'abord bien mystérieuse. Puis, peu à peu, à mesure que les pages défilent et que les années s’égrènent, nous en découvrons le caractère, l’aptitude au travail et la sensibilité. Entre intransigeance et sens de l’écoute, il semble pétri de qualités, reconnu par ses pairs, pour ne pas dire apprécié de tous. Si il est difficile à cerner de prime abord, on en vient finalement à l’accepter tel qu’il est : un homme entier, et donc parfois cruel, incapable de ne pas « vivre » une passion lorsque celle-ci se présente. Un individu qui, quoi qu’il en soit, aura marqué bon nombre de gens. Murielle Magellan lui rend ici un magnifique hommage. 

 

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